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À TOULOUSE

L'ÉDITION 2021 DU FESTIVAL SE PRÉPARE

17.09 -- 17.10.2021

Après avoir été reporté d’un an du fait de la pandémie de Covid 19, le festival Le Printemps de septembre retrouvera Toulouse et sa région le 17 septembre 2021. Nous sommes à nouveau au travail pour préparer cet événement qui sera aussi celui des trente ans du festival. Étrange époque porteuse d’incertitudes et d’inquiétudes. Occasion décisive d’affirmer notre engagement pour l’art que rien n’aura découragé.

 

Dès avant l’apparition du Covid 19, nous avions décidé d’intituler cette édition : Sur les cendres de l’hacienda. Ce n’était pas une anticipation de notre situation actuelle. Mais cette condition contrainte offre une métaphore remarquable du monde dans lequel nous sommes jetés et qui nous apparaissait comme le champ de ruines de nos illusions émancipatrices. Ivan Chtcheglov affirmait en 1958 dans le numéro 1 de L’Internationale situationniste : « Il faut construire l’hacienda. » L’idée de foyers fortifiés de résistance et de subversion semblait alors un horizon souhaitable. Cette idée, réinventée en 1991 par Hakim Bey et ses TAZ (« Zones d’Autonomie Temporaire »), s’est effondrée sous les assauts conjugués du progrès du libéralisme économico-politique et de la pensée critique désenchantée. 
Si l’hacienda a péri dans leurs flammes, que reste-t-il aux artistes sinon à se tenir debout dans ce désastre symbolique et à regarder au-delà ?

 

Dans la succession des éditions du festival, celle-ci fait suite à Dans la pluralité des mondes (2016) et à Fracas et frêles bruits (2018). Ces trois titres forment un commentaire de notre destin contemporain. 

 

Comme dans les épisodes précédents, le festival se déploiera dans de nombreux lieux de la ville et de son voisinage. Il nous est essentiel de nous inscrire dans la géographie labyrinthique de la ville que nous souhaitons « affecter » ou émouvoir avec les artistes que nous invitons. Comme toujours, notre objet principal demeure l’exposition, ses formes et formats, sa capacité à nous transporter soudain. 

 

Une cinquantaine d’artistes se répartiront dans une vingtaine de lieux. Certains, très jeunes, présenteront les prémices de leur œuvre tandis que d’autres, décédés, parfois en 2020, verront saluée leur mémoire. L’art ne peut vivre sans mémoire ; c’est un flux tendu : les artistes se passent le relais les uns aux autres au fil du temps. Certains qui sont sortis des écrans radars méritent d’être reconsidérés. L’histoire se doit d’effacer ses aveuglements. Chaque époque porte sur le passé un regard neuf qui refonde et ranime des œuvres délaissées. Un festival comme le nôtre voudrait contribuer à traiter nos amnésies. 

 

Discerner aujourd’hui ce qui aura demain du sens pour notre présent est impossible. C’est pourtant là que se situe notre enjeu inespéré. Au moins savons-nous nos limites et notre chance.

 

Christian Bernard, 10 novembre 2020.

Programmation

Aucun événement programmé pour le moment.
Des événements seront ajoutés à l'approche du festival.