Antoine Bernhart

17.09.21 - 21.11.21
Exposition — Trentotto

Antoine Bernhart, Sans titre, 2018, aquarelle, encres japonaises, gouache et crayons de couleur sur papier, 54 x 73 cm.

 

 

Infos pratiques :

231, avenue de Muret, 31300 Toulouse

 

Ouverture le vendredi 17 septembre de 18h à 22h

 

Du mercredi au vendredi de 12h à 19h, samedi et dimanche de 11h à 19h

Nocturnes les 17, 18, 24, 25 septembre jusqu’à 22h 

Antoine Bernhart, Sans titre, 2018, aquarelle, encres japonaises, gouache et crayons de couleur sur papier, 54 x 73 cm.

 

 

Infos pratiques :

231, avenue de Muret, 31300 Toulouse

 

Ouverture le vendredi 17 septembre de 18h à 22h

 

Du mercredi au vendredi de 12h à 19h, samedi et dimanche de 11h à 19h

Nocturnes les 17, 18, 24, 25 septembre jusqu’à 22h 

Ne pas tuer ni blesser ni violer son prochain, en un mot ne pas causer tort à autrui, sont quelques-uns des interdits sur lesquels se fonde le contrat social. L’éducation vise à les faire comprendre et accepter. Police et justice s’emploient à les faire respecter. Mais décrire ou peindre des meurtres, des agressions, des violences sexuelles, échappe à l’interdit au nom de la liberté d’expression. Certes, il est nécessaire d’éviter de heurter par l’exposition publique les sensibilités des enfants et de celles et ceux qui redoutent ces représentations excessives. Pourtant, une image de meurtre ne tue pas, une description de viol ne viole pas, etc. Les représentations peuvent émouvoir douloureusement et froisser la conscience. Chaque adulte est libre de refuser pour lui-même les images qui le blessent. Comme chaque adulte est libre d’apprécier ces mêmes images pour autant qu’elles soient des artefacts et non des empreintes (film ou photo). Une photo de scène pédophile est un acte de complicité avec un crime. Un dessin ou un récit d’une telle scène peut être une œuvre d’art. C’est le paradoxe de la représentation.

 

La nuit est le monde des œuvres d’Antoine Bernhart, la nuit des chambres carcérales, la nuit des forêts profondes, la nuit propice aux monstres que dissout l’aube. C’est dans ce sombre décor que l’artiste situe les scènes de viol et de violence qu’il ne cesse de dessiner depuis des décennies. Un immense jardin des supplices où des figures enfantines aux masques ricanant torturent des victimes qui peuvent sembler au comble de l’extase comme le supplicié chinois décrit par Georges Bataille dans Les Larmes d’Éros.

Car il s’agit bien là d’une dramaturgie du mal et d’une expérience des limites où l’excès érotique tutoie la mort. L’œuvre d’Antoine Bernhart s’inscrit ainsi dans une longue lignée qui relie Sade à Bellmer. La puissance hallucinée de ses figures, la cruauté fascinante de son théâtre sexuel font de cet artiste une exception radicale dans le champ du dessin contemporain.

 

Avec le soutien de Trentotto et du groupe Satys.

Né en 1950 à Strasbourg (France), Antoine Bernhart y vit et y travaille. Membre du groupe néosurréaliste Phases dès 1968, il s’en détachera plus tard et évoluera dans les sphères punks, en réalisant de nombreuses illustrations pour des groupes depsychobilly comme Cramps ou The Meteors. À partir des années 1990, il se fascine pour la culture érotique japonaise etson travail se radicalise dans un mélange trash et subversif de scènettes. Son travail a été montré au Musée Tomi Ungerer (Strasbourg, 2017 et 2016), au Musée de l’érotisme (Paris, 2009), à la galerie Bongoût (Berlin, 2008, 2007, 2005, 2003 et2000), ou encore au Mamco (Genève, 2015 et 2008).