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À TOULOUSE

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Fabrice Gygi

26.09.08 - 19.10.08
Exposition — les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse

Fabrice Gygi, vue d'exposition, Musée les Abattoirs, 2008, ©DR, Le Printemps de septembre - à Toulouse

Né en 1965.

Vit et travaille à Genève.

 

Quel est votre projet pour le Printemps de Septembre ?

Quand j'ai visité le lieu, cet énorme couloir central des Abattoirs qui amène à la fosse, je me suis dit qu'il fallait l'occuper dans la longueur.
Je ne me suis pas renseigné pour savoir s'il s'agissait vraiment ici d'anciens abattoirs, je prends juste les choses au pied de la lettre, et donc j'ai imaginé cette machine dure, une sorte de hachoir qui irait jusqu'à remplir la fosse. Avec des tapis roulants pour amener les cadavres, parce qu'il y a dans les abattoirs l'idée d'une mort en masse, d'une mort industrielle. Et donc je l'ai dessinée comme ça, avec des dents, des tapis. Si tu tombes dedans, c'est le poids de ton
corps qui l'actionne. Et tu sors de là mal en point.

 

D'où vient le titre de cette pièce, « Winch, Fliessband et stars system » ?
C'est un titre assez travaillé, écrit en trois langues du centre de l'Europe qui correspondent aussi aux trois moments de la machine.
Il y a d'abord le « winch » auquel on peut suspendre quelque chose, puis le tapis roulant, en allemand, et enfin « stars system » — je trouve assez drôle d'employer cette expression pour désigner les étoiles métalliques du hachoir. Il faut dire que j'étais à Los Angeles quand j'ai dessiné une première version de cette pièce, il y a trois ans environ, et c'était d'abord une oeuvre en extérieur: des guirlandes en métal, avec ces étoiles posées sur des câbles, comme un système anti-hélicoptère.
 

 

 

 C'est dans la violence et la terreur sécuritaire du monde contemporain que cette haute figure de la scène suisse trouve l'essentiel de ses formes critiques, sculptures, performances, gravures ou installations. Tribunaux, tentes, aires de jeu, barrières anti-émeutes, instruments de torture, grillages interrogent les mécanismes de l'autorité et placent le spectateur dans une situation ambiguë : «Chaque citoyen(ne) est une figure autoritaire potentielle, puisque sa position est toujours contiguë et perméable au pouvoir ».

Fabrice Gygi représentera la Suisse à la prochaine Biennale de Venise.

 

Fabrice Gygi présente également quatre linogravures à la Fondation Espace Ecureuil.