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À TOULOUSE

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Victor Burgin

Hôtel D
25.09.09 - 18.10.09
Exposition — Hôtel-Dieu

Vue de l'exposition Hôtel D, 2009, Photo Damien Aspe, ©Printemps de Septembre—à Toulouse

Né en 1941 à Sheffield (Royaume-Uni).

Vit entre Londres et San Francisco.

 

Le Printemps de septembre—à Toulouse et le Jeu de Paume présentent Hôtel D, une installation de Victor Burgin dans deux salles principales de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques.

 

L’installation Hôtel D se compose d’images digitalisées de la salle des Pèlerins projetées au sein même de cette salle, puis d’une voix-off diffusée dans la chapelle adjacente. Victor Burgin offre ainsi aux visiteurs une évocation de son expérience à l’Hôtel-Dieu ainsi qu’une invitation à l’éveil de leurs propres impressions de l’espace suscitées par les jeux entre les mots et les images en va-et-vient entre les deux salles.

 

 Victor Burgin, artiste et théoricien anglais, peut aussi apparaître comme une figure extrêmement contemporaine de narrateur. Car les récits qu’il élabore en associant des textes et des images sont éclatés, troués, ouverts à l’analyse, à une diversité de significations possibles, et mettent en question nos représentations et les différents codes sociaux qui la régissent. Réflexion sur le sens, l’association et la mémoire des images, et par là même sur l’environnement qui nous entoure.

 

Que vous inspire le sous-titre : « Là où je suis, n’existe pas » ?
Victor Burgin : Il dirige d'abord mon attention sur la dimension temporelle d'une expérience « spatiale ». Héraclite a fameusement observé qu’on ne peut se baigner deux fois dans le même fleuve - l'endroit où je suis maintenant, même quand je parle, passe perpétuellement dans l’inexistence. L'impliqué « je suis là » suggère aussi la spatialisation du moi et l'auto-aliénation du cœur de l'identité, que Lacan a noté dans son concept « Le stade du miroir » - l'impliqué « c'est moi, là-bas » peut donc aussi invoquer le « je est un autre » de Rimbaud.

 

 Selon vous, qu’est-ce que l’art permet d’accomplir ?
Victor Burgin : La réponse à cette question doit différer selon l'histoire et la géographie. À l'Ouest et pendant les XXe et XXIe, je crois que le travail le plus important que l'art peut tenter est de fournir des alternatives au bon sens populaire hégémonique créé par la culture de masse industrialisée, et propagé par les médias. C'est à dire, de soutenir l'exercice de ses propres facultés intellectuelles et sensuelles sans céder aux pressions externes.

 

Exposition produite par le Jeu de Paume.

 

Le film qui vient à l’esprit
Séance 1 : "Le bruit du marché" /
Conférence par Victor Burgin le 12 décembre 2009 11h00 - 12h00


Dans le prolongement de son ouvrage The Remembered Film (Londres, Reaktion Books, 2004), et de l’exposition "Hôtel D", produite par le Jeu de Paume dans le cadre du Printemps de Septembre à Toulouse, Victor Burgin donnera dans l’auditorium Concorde une série de conférences qui tenteront d’appréhender l’empreinte laissée par des fragments de films ou d’images sur sa démarche.
Ces quatre séances aborderont donc la question de la mémoire et de ses reconstructions par le filtre de l’image fixe ou en mouvement.

 

Séance 1 : "Le bruit du marché"

Cette séance introduira les deux principales notions qui seront développées au long du cycle, "l’hétérotopie cinématique" et "l’image-séquence".

 

À l'auditorium Concorde, le samedi 12 décembre à 11 heures.
Conférence gratuite. Entrée dans la limite des places disponibles.
Renseignements : tél. 01 47 03 12 41 / serviceculturel@jeudepaume.org