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À TOULOUSE

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Agnès Pezeu

Journal d’un corps franc
28.09.12 - 21.10.12
Exposition — BBB centre d'art

Agnès Pezeu
Journal d’un corps franc, performance (2012)
Crédit photo : Franck Alix, Le Printemps de Septembre 2012

Agnès Pezeu
Journal d’un corps franc, performance (2012)
Crédit photo : Franck Alix, Le Printemps de Septembre 2012

Agnès Pezeu
Journal d’un corps franc, performance (2012)
Crédit photo : Franck Alix, Le Printemps de Septembre 2012

Agnès Pezeu
Journal d’un corps franc, performance (2012)
Crédit photo : Franck Alix, Le Printemps de Septembre 2012

Née en 1969 en France. Vit et travaille en région parisienne.

 

Journal d’un corps franc, performance (2012)

 

Ton corps, ton histoire deviennent les miens

 

« Ton corps est mon partenaire ». Ainsi pourrait s’exprimer Agnès Pezeu. Un corps, celui de l’être humain, approché par cette artiste française d’une façon sensitive, vibrante, incarnée, plus que figurative. Il s’agit là, plus que de produire une image, de saisir une énergie – celle de la vie même, dont la peinture veut être la métaphore et la célébration.

Agnès Pezeu développe dans les années 1990 un art généreux, qu’il soit pictural, sculptural ou d’installation, signalé par le goût de l’élémentaire (installations dans l’eau, enrobage d’objets dans du papier d’aluminium…) marié à celui du raffinement. Ses œuvres sont montrées à Paris ou à New York (galerie Nine Five). C’est en 2007 qu’Agnès Pezeu expérimente pour la première fois, en présence de spectateurs, la méthode de représentation du corps humain qui va devenir sa signature. Au sol, l’artiste couche d’abord une toile couverte de peinture acrylique. Elle invite qui le souhaite, entre les personnes présentes, à prendre une pose en s’allongeant sur la toile, tandis qu’elle conte une histoire tirée de contes de l’âge classique, de Grimm ou de Perrault. On peut tenter l’expérience habillé, ou dévêtu, seul ou avec quelqu’un. À chaque candidat de choisir sa posture, en fonction de sa réactivité au récit de l’artiste. Armée d’un pastel de couleur sombre, Agnès Pezeu trace alors le contour de la personne allongée, au vol, dans cet esprit : donner, d’une attitude éphémère, une représentation graphique. La toile obtenue est ensuite punaisée à la verticale sur une cimaise du lieu. Agnès Pezeu quête une attitude, donne corps à une pulsion. Ce faisant, elle expérimente un rapport privilégié entre elle-même, en tant que ce peintre qui propose, et un modèle qui, lui, dispose, joue sa propre partition.

 

Pour le festival Agnès Pezeu décide, avec Journal d’un corps franc, de convoquer la figure peu ordinaire de son grand-père mort à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à partir du journal qu’écrivit celui-ci. L’artiste explique : « Ce journal est composé d’extraits de plusieurs carnets de route que mon grand-père a rédigés entre août et novembre 1944, pendant les quatre mois qui ont précédé sa mort. Ces pages sont le témoignage d’un homme ayant vécu la guerre à sa manière, immergé dans une culture familiale pétainiste et poussé à fuir par peur des partisans. Une fuite qui sera pour lui la plus belle aventure de sa vie et un moment de recul inespéré. » Et l’artiste de préciser : « Ce journal est aussi un témoignage historique sur l‘état de la France du Sud-Est en août 1944. Les troupes allemandes, harcelées par les résistants, refluent vers le Nord en une retraite désordonnée. Le périple de mon aïeul, à vélo, de la Vallée du Rhône à la vallée du Lot puis jusqu’à Paris où il s’engage dans les troupes du Maréchal De Lattre de Tassigny, n’a rien d’une promenade touristique sous les bombes. Ce journal est le témoignage d’une crise et d’une prise de conscience. »

 

Au BBB, où elle « joue » cette aventure hors norme, Agnès Pezeu fait appel à un danseur dont les postures constituent la réponse corporelle au récit de l’histoire de son grand-père, sur un mode réactif. Curieux théâtre que celui-ci, où l’Histoire transite non pas sous la forme usuelle de sa restitution par le récit ou le témoignage mais, au-delà de ces derniers, par l’excitation corporelle, qui devient l’équivalent d’un sismographe. Jusqu’à l’arrêt des gestes (on le pressent…) que suggère froidement la mort du héros. « En novembre 1944, volontaire pour faire une reconnaissance, il tombe dans un guet-apens. Sommé de se rendre, il fait feu. Les Allemands ripostent. Il est touché mortellement à la tête. »

 

Performance d'Agnès Pezeu en collaboration avec Christophe Le Goff (danseur et chorégraphe) le samedi 29 septembre de 15h à 15h30

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles.