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Ashton Ramsey

28.09.12 - 21.10.12
Exposition — les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse

Ashton Ramsey
Vêtements historiés, années 1970 à aujourd'hui
Courtoisie de l’artiste
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Ashton Ramsey
Vêtements historiés, années 1970 à aujourd'hui
Courtoisie de l’artiste
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Ashton Ramsey
Vêtements historiés, années 1970 à aujourd'hui
Courtoisie de l’artiste
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Ashton Ramsey
Vêtements historiés, années 1970 à aujourd'hui
Courtoisie de l’artiste
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Ashton Ramsey
Vêtements historiés, années 1970 à aujourd'hui
Courtoisie de l’artiste
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Ashton Ramsey
Vêtements historiés, années 1970 à aujourd'hui
Courtoisie de l’artiste
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Ashton Ramsey
Vêtements historiés, années 1970 à aujourd'hui
Courtoisie de l’artiste
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

 Né en 1930 à la Nouvelle-Orléans (États-Unis) où il vit et travaille.

 

Vêtements historiés, années 1970 à aujourd’hui.


Faire défiler l’Histoire comme à la parade

 

Originaire de la Nouvelle-Orléans, cet artiste octogénaire atypique débute sa carrière artistique il y a deux ans et n’est à ce jour représenté par aucune galerie. Pas de site internet ou de blog pour médiatiser son travail. En 2011, alors qu’il fête ses quatre-vingts ans, ses créations sont présentées au Ogden Museum of Southern Art de l’Université de la Nouvelle-Orléans, entourées des esquisses, photos et autres documentations provenant des archives de l’artiste, qui témoignent de son activité d’historien amateur local. Une reconnaissance indéniable de ses mérites, mais tardive !

 

Un historien qu’Ashton Ramsey ? Oui, mais résolument hors normes. L’origine de sa vocation artistique prend racine dans son enfance. Petit garçon, il aide sa mère et ses frères aînés à coudre les costumes de Mardi Gras pour la parade à laquelle sa famille participe chaque année. De ces tenues composées de plumes et de broderies, aux couleurs vives, dans le style des parures indiennes, Ashton Ramsey se souvient pour ses propres compositions. Mais il y ajoute textes, petits objets et autres matériaux bon marché et faciles à trouver badgés à même le vêtement, dans le but de rendre compte de l’Histoire locale, celle des Afro-américains au premier chef, dont il est. Le plus ancien de ses « vêtements historiés » date de 1989.

 

Ashton Ramsey pourrait être un héritier involontaire de l’artiste Fluxus Robert Filliou, qui portait dans son chapeau sa Galerie Légitime. Foin de ces références savantes : il se considère plus humblement comme un artiste « folk », un « storyteller » désireux de raconter l’histoire des Noirs américains. Pour ce faire, il décore diversement des vêtements masculins de coupures de journaux ou de magazines, d’extraits de la Bible, de photos, de tracts, d’images trouvées… correspondant au thème qu’il choisit d’illustrer. Ainsi ses « costumes » ont-ils pour titre – et pour thématique – Freedom, Black N White ou encore Gambler. Il crée celui intitulé Haïti suite au tremblement de terre qui a touché la grande île des Caraïbes en 2010, par solidarité. Un autre encore est couvert des noms des entreprises majeures de la Nouvelle-Orléans.
L’artiste, qui porte souvent en public ses propres créations, dans la rue ou lors de fêtes locales, crée pour chaque vêtement un cartel rudimentaire qui indique le nom de l’« œuvre costume » dont il a endossé la matière et l’esprit, cartel qu’il fixe sur ses lunettes. Entre l’homme sandwich et l’homme témoin de l’histoire de sa communauté, Ashton Ramsey propose de la sorte un art de proximité, de l’immédiateté, aisément lisible et assimilable, contextuel.
Qu’il évoque Snooks Eaglin, Ernie K-Doe, les légendes noires de la Nouvelle-Orléans ou encore Martin Luther King, l’art « portable » d’Asthton Ramsey donne un aperçu haut en couleurs de la culture spécifique de cette partie du Deep South étasunien que sont le Bayou et la Louisiane des Noirs, ceux que n’a pas épargné, en 2005, l’ouragan Katrina aux conséquences dramatiques pour la Nouvelle-Orléans et ses déshérités. Une façon originale de donner plus de visibilité aux Noirs américains, trop souvent les oubliés d'une Histoire écrite par les Blancs.