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À TOULOUSE

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Bleda y Rosa

Memoriales
28.09.12 - 21.10.12
Exposition — Château d'Eau

Bleda y Rosa, Memoriales, série photographique (2005-2010). Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012.

Bleda y Rosa, Memoriales, série photographique (2005-2010). Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012.

Bleda y Rosa, Memoriales, série de photographie (2005-2012). Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012.

María Bleda est née en 1969 à Castellón et José María Rosa est né en 1970 à Albacete. Vivent et travaillent à Valence et à Londres.

 

Memoriales, série photographique (2005-2010)

 

Les Cimetières de l’Histoire


De 1989 à 1994 Maria Bleda et José Maria Rosa étudient à l’école d’Art et de Design de Valence en Espagne, où ils commencent à travailler ensemble. Leur première photo commune, l’une des premières images de la série Campos de Fútbol (« Terrains de Football »), date de 1992. Deux ans plus tard, ils produisent les premières photos de la série Campos de Batalla (« Champs de Bataille »). Dès le milieu des années 90, le duo a ainsi posé les bases de son style comme de ses futures obsessions : une approche du paysage comme trace d’une histoire, petite ou grande, la volonté d’activer la mémoire latente des lieux. Ces horizons vides mais chargés de sens activent notre imagination, notre mémoire. Ainsi, leurs séries de photos d’où la figure humaine est toujours absente n’en font que mieux écho à une présence fantomatique, à la tonalité souvent mélancolique.
Leur première exposition solo date de 1992 : elle a lieu à la librairie photo Railowsky de Valence. En suivront d’autres, principalement en Espagne, mais aussi à la Changing Room de Stirling en Écosse en 1997, au Musée d’Art Moderne de Collioure en 2001, à La Kunsthalle de Kiel en 2003, puis à la Rosenthal Fine Art Gallery de Chicago en 2006.
Le duo participe aussi à des expositions collectives : la biennale Manifesta 4, Frankfurter Kunstverein, Francfort (2002) ; « Mediterranean: between reality and utopia », The Photographers Gallery, Londres (2004) ; Les Rencontres d’Arles (2005) ; « La visión impura », Centre d’art Reina Sofía, Madrid (2006) ; « Déplacement », Centquatre, Paris (2010).
En 2008, Bleda y Rosa remportent le prix national de la photographie du Ministère de la Culture espagnol pour l’ensemble de leur œuvre.
Dans leur première série Campos de Fútbol, Bleda y Rosa photographient des terrains vagues, des plages, des cours de bâtiments, autant d’espaces identifiables en tant que terrains de football uniquement parce qu’une cage de but y est plantée. Ainsi mis en valeur, ce rectangle formé de trois barres assemblées acquiert une dimension sculpturale. Chaque image ressemble à un « portrait de paysage » et à une sorte d’écran sur lequel projeter une histoire : celle des joueurs qui ont effectivement utilisé cet endroit, ou celle de joueurs imaginaires. Le minimalisme de la composition, la dimension désertique des lieux, tout concourt à évoquer les strates de mémoires déposées en ces lieux. Pour Ciudades (« Villes »), projet débuté en 2007, les artistes ont sillonné la péninsule ibérique, s’arrêtant pour photographier tous les lieux qui, selon eux, pouvaient constituer un vestige de villes grecques, romaines ou celtiques. Sur chaque photo, on voit un indice de la présence d’une de ces civilisations qui a vécu ici : un muret, un escalier, une route... Ciudades est la moins homogène de leurs séries, mais constitue un bel ensemble contemplatif, sorte de méditation sur le passage du temps. Dans les années 2000 Bleda y Rosa élaborent plusieurs séries de photos regroupées sous le nom Arquitecturas (« Architectures ») creusant la relation entre architecture, mémoire et héritage.
Au Château d’eau, c’est l’ensemble Memoriales (« Mémoriaux ») qui est présenté. Il se compose d’une première série faite à Berlin en 2005 que complètent des photographies réalisées à Jérusalem et à Washington en 2010, villes où le lien direct entre la mémoire et le monument est particulièrement important. Pans de murs stigmatisés ou non, détails anodins d’architectures anonymes ou de bâtiments célèbres. La plupart du temps, seule la légende sous la photographie renseignant sur le lieu et sa situation géographique nous renvoie à l’histoire. Ce travail aborde différentes questions telles que la matérialisation de la mémoire et l’inscription des traumatismes dans la structure de la ville, le statut des lieux de souvenirs, et la perte progressive de la fonction des mémoriaux. Ainsi, Bleda y Rosa explorent le lien entre mémoire et oubli.