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À TOULOUSE

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Daniela Comani

C’était moi. Journal, 1900-1999
28.09.12 - 21.10.12
Exposition — BBB centre d'art

Daniela Comani

It was me. Diary 1900-1999, installation sur panneaux (2012)

Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Daniela Comani

It was me. Diary 1900-1999, installation sur panneaux (2012)

Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

 

Daniela Comani
C'était moi. Journal 1900-1999, installation sur panneau (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Daniela Comani
C'était moi. Journal 1900-1999, installation sur panneau (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Née en 1965 à Bologne (Italie). Vit et travaille à Berlin. 

 

C’était moi. Journal, 1900-1999, installation sur panneaux.


S’approprier l’Histoire d’un siècle, en son nom propre

 

De 1984 à 1988, Daniela Comani étudie les arts plastiques dans sa ville natale, puis elle s’installe à Berlin, où elle obtient en 1993 un MFA (Master of Fine Arts) à l’Université des Arts. Artiste pluridisciplinaire, elle maîtrise aussi bien la vidéo, la photographie que les installations ou le dessin. Quelque médium qu’elle retienne, on y retrouve ses thèmes de prédilection: l’Histoire, le langage, l’identité féminine.

La qualité de son travail lui a valu de participer à de nombreuses expositions internationales : « Témoins de l’absence », Centre d’Art Passerelle, Brest (2007), « History will Repeat Itself », Goethe Institut, Hong Kong, « Focus on Contemporary Italian Art », Musée d’Art Moderne de Bologne (2008), « Courier » au Musée des arts de l’Université d’Albany (2010). En 2011, Daniela Comani expose pour la première fois en solo aux États-Unis à la Charlie James Gallery de Los Angeles. Son travail plastique est présent dans les collections du Museum on the Seam à Jérusalem, du Musée d’Art Moderne de Bologne et du Kupferstichkabinett de Berlin.

 

De 2003 à 2007, Daniela Comani travaille à la série The Happy Marriage. Ces photos en noir et blanc décrivent la vie quotidienne d’un couple marié, à un moment emblématique de toute vie conjugale : faire les courses au supermarché, se brosser les dents de concert dans la salle de bain, marcher sur la plage main dans la main… Le spectateur attentif finit par remarquer que l’artiste elle-même incarne aussi bien la femme que l’homme. Avec le temps, on se ressemble de plus en plus, dit-on! Cette légère dissonance inscrite ici dans des images stéréotypées témoigne de la domination culturelle du modèle conjugal hétérosexuel, un modèle que l’artiste semble vouloir questionner.

En 2007, Daniela Comani nous incite à porter un regard neuf sur quelques-uns des grands classiques de la littérature occidentale. Printed Women se présente comme une série de cinquante deux photographies de couvertures de livres de poche édités en plusieurs langues, dont l’artiste a modifié le titre en inversant les sexes des héros comme des héroïnes. Madame Bovary de Flaubert devient Monsieur Bovary, Moby Dick de Melville devient Pussy Dick, Der Antichrist de Nietzsche, Die Antichristin. Par sa grande lisibilité, cette œuvre nous permet de mesurer l’étroitesse des rôles assignés aux femmes aux XIXème et XXème siècles : nul Portrait of the Artist as a Young Woman ni de Queen Kong !

 

L’œuvre présentée aux Abattoirs : C’était moi. Journal, 1900-1999 a été l’objet d’une installation sur la façade extérieure du bâtiment du Centre d'Art Passerelle, à Brest en 2010, puis a été présentée l’année suivante dans sa version anglaise (It was Me. Diary 1900-1999), au Pavillon de la République de Saint-Marin lors de la 54ème Biennale de Venise. Une première variante en langue allemande de cette œuvre (Ich war´s. In zweiundreißig Tagen um den Alexanderplatz. 1805-2007), a fait l’objet d’une exposition à la station de métro berlinoise Alexanderplatz en 2007.

L’installation s’offre comme une archive du XXème siècle. Dans cet immense texte écrit comme un journal intime à la première personne, le narrateur devient le créateur, le témoin ou la victime d’événements mondiaux de l’Histoire du siècle dernier. Ces 365 notes, présentées chronologiquement selon des dates allant du 1er janvier au 31 décembre, évoquent des faits sélectionnés subjectivement par l’artiste et non selon les critères d’une historiographie officielle. Ici encore, Daniela Comani subvertit les rôles, de quoi produire une légère mise à distance du réel et permettre de mieux le contempler. Car cette compilation, au-delà du vertige que ces centaines de noms, de lieux et de faits provoquent sur le spectateur, est très explicite. Elle nous dit que la grande Histoire et la petite, la mémoire collective et celle de chaque individu, sont inextricablement liées.