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À TOULOUSE

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Krzysztof Wodiczko

Arc de Triomphe, Institut mondial pour l’abolition de la guerre
28.09.12 - 21.10.12
Exposition — Espace Croix-Baragnon

Krzysztof Wodiczko
Arc de Triomphe, Institut Mondial pour l’Abolition de la Guerre, installation (2011)
Courtoisie de la Galerie Gabrielle Maubrie
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Krzysztof Wodiczko
Arc de Triomphe, Institut Mondial pour l’Abolition de la Guerre, installation (2011)
Courtoisie de la Galerie Gabrielle Maubrie
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Krzysztof Wodiczko
Arc de Triomphe, Institut Mondial pour l’Abolition de la Guerre, installation (2011)
Courtoisie de la Galerie Gabrielle Maubrie
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Né en 1943 à Varsovie (Pologne). Vit et travaille à New York et Cambridge (États-Unis). 

 

Arc de Triomphe, Institut mondial pour l’abolition de la guerre (installation)


Pour que l’Histoire ne se répète pas


Diplômé en design à l’Académie des Beaux-arts de Varsovie en 1968, Krzysztof Wodiczko travaille dans sa ville natale en tant que designer industriel jusqu’en1977. Il émigre ensuite au Canada, à Toronto, où il développe son concept de projections en espace urbain. Depuis 1983, cet artiste multimédia vit à New York. De 1997 à 2010, il est professeur au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge (Massachusetts) et enseigne désormais au département Art Design and Public Domain à l’Université d’Harvard. Exposé universellement, présent dans les collections des plus grands musées internationaux, Krzysztof Wodiczko est à ce jour l’un des artistes plasticiens d’origine polonaise le plus connu au monde (International Hiroshima Prize, 2009 ; médaille d’or polonaise 2010 du « Gloria Artist » pour sa contribution à la culture polonaise).

 

Krzysztof Wodiczko est un fervent défenseur de la vérité et de la justice. Ses œuvres, parfois utopistes, ont pour vocation de nous empêcher d’oublier ceux que nous avons trop tendance à ne pas vouloir voir : les victimes des guerres, les marginaux, les SDF, les immigrés. Ses projections publiques servent cette intention, de façon spectaculaire, en recourant aux immeubles et aux monuments publics. Ceux-ci ne sont jamais choisis au hasard. Le plus souvent, ils représentent un moment particulier de l’Histoire, symbolisent une mémoire collective. La foule s’amasse et la performance tout entière se transforme en mémorial.
 

En 2009, Veterans’ Flame (« La flamme des vétérans ») investit ainsi l’espace extérieur du Fort Jay, sur Governor’s Island, haut lieu historique et symbolique de New York : la première fonction de ce monument fortifié, construit en 1776, a été de défendre le port de la ville. Sur l’un des murs, l’artiste projette l’image d’une flamme vacillante. Le public, dans le même temps, peut entendre des récits de vétérans des guerres d’Irak et d’Afghanistan racontant leur expérience du terrain ou le chaos intime que leur participation à ce conflit a provoqué dans leur vie, réduisant ainsi la distance qui peut exister entre le public et des militaires anonymes.

 

L’œuvre de Krzysztof Wodiczko ne se limite pas aux projections. En 1988-89, il crée les Homeless Vehicles (« Véhicules pour sans abri »). Ces singuliers caddies dotés d’un toit, à l’intérieur desquels on peut dormir, ne sont pas uniquement conçus pour faciliter la vie erratique des SDF. Ils leur donnent une visibilité publique plus grande, une existence sociale.
Avec Alien Staff (« Bâton d’étranger », 1992-93), l’artiste propose à des immigrés d’utiliser dans l’espace public de longs bâtons surmontés d’un mini écran et d’un haut-parleur, dédoublant leurs yeux et leur bouche. Le but : que les passants, attirés par ce dispositif et par l’image projetée sur l’écran, s’approchent de l’immigré, et le « voient », l’entendent enfin.

 

Dans l’Espace Croix-Baragnon, Krzysztof Wodiczko transforme l’Arc de Triomphe, célèbre monument parisien à la gloire des victoires napoléoniennes, en « Institut mondial pour l’abolition de la guerre ». Ce faisant, il dénonce l’existence même des mémoriaux de guerre, qui pérennisent l’idée que les conflits sanglants ont quelque chose de glorieux et d’héroïque.
L’œuvre se présente comme une structure transparente entourant l’Arc de Triomphe, qui se retrouve encerclé et contenu par la structure plus grande de l’Institut. Dès lors, l’Arc de Triomphe apparaît comme une relique appartenant à un passé révolu. À son sommet, l’artiste prévoit qu’une carte du monde affiche l’évolution des zones en guerre, de celles d’après-guerre et de celles qui connaissent une paix durable.