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À TOULOUSE

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McDermott & McGough

28.09.12 - 21.10.12
Exposition — Espace EDF Bazacle

McDermott & McGough
Don't you know I care? Or don't you care to know?, 1966 (2011)
Courtoisie Galerie Jérôme de Noirmont
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

McDermott & McGough
Ensemble rétrospectif
Courtoisie Galerie Jérôme de Noirmont
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

McDermott & McGough
Conspiracy Paintings, 1928, série de peintures (1997)
Courtoisie Galerie Jérôme de Noirmont
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

McDermott & McGough
Dream Machine, 1964  (2009)
Courtoisie Galerie Jérôme de Noirmont

Crédits photo: McDermott & McGough

McDermott & McGough
Late night #13: Elizabeth Taylor, 1967 (2008)
Courtoisie Galerie Jérôme de Noirmont
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

McDermott & McGough
Ensemble rétrospectif

Courtoisie Galerie Jérôme de Noirmont

Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

McDermott & McGough
There wasn't a thing left to say, 1965 (2006)
Courtoisie Galerie Jérôme de Noirmont
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

David McDermott est né en 1952 à Hollywood (Californie).
Peter McGough est né en 1958 à Syracuse (New York).
Vivent et travaillent à New York et à Dublin. 

 

 

Une vie au passé (re)composé

 

David McDermott étudie à l’Université de Syracuse, New York, de même que Peter McGough, formation initiale que ce dernier complète par un diplôme du Fashion Institute of Technology de New York. Ils se rencontrent à New York au début des années 1980. Aux côtés de Julian Schnabel, Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat, ils animent la scène artistique new-yorkaise de l’époque.

 

Les tableaux, photos, sculptures et autres vidéos de McDermott & McGough illustrent le refus total de vivre dans notre temps linéaire, où passé, présent et futur sont distincts. Selon eux, toutes les époques coexistent dans le même temps. Dans leur mode de vie aussi, ils mettent le passé au présent en vivant tous deux dans un intérieur entièrement reconstitué selon la mode de l’époque, des vêtements aux ustensiles, vêtus en fracs et en guêtres.

Ils antidatent leurs œuvres en conformité avec la scène qu’ils représentent, et c’est avec la même logique qu’ils choisissent les techniques et les supports de leurs créations : peintures à l'huile sur toile de lin, photographies prises avec un appareil début de siècle, tirages salins, palladium... En 1995, grâce à leur connaissance encyclopédique de l’histoire de l’art, ils ressuscitent les portraits à la chandelle, technique jusque là oubliée, avec leurs Silhouette Portraits.

Leur travail est présent dans de nombreuses collections publiques, en particulier aux États-Unis au Los Angeles County Museum of Art, au Metropolitan Museum of Art ainsi qu’au Whitney Museum of American Art, à New York, au Tampa Museum of Art et au Walker Art Center, à Minneapolis. Ils sont exposés régulièrement depuis 1984, à la White Chapel Gallery à Londres, à la Galerie Jérôme de Noirmont à Paris ou encore chez Sperone Westwater, à New York.

 

À l'Espace EDF- Bazacle, McDermott et McGough présentent un panel de leurs différentes créations : quelques-uns des dix Conspiracy Paintings (1997), qui portent la date fictive de 1928. Ces huiles sur toile imitent les gravures satiriques de l’époque, ce qui permet aux deux artistes de traiter de manière aussi caustique que ludique ou sérieuse, de sujets aussi variés que le racisme, l’homophobie ou la religion catholique. On peut y voir également des photos de style victorien et un film noir et blanc typé années 1930 plus vrai que nature! Dans les années 2000, Mc Dermott et McGough se passionnent en effet pour cette période de l’histoire. Ils créent alors plusieurs séries de tableaux qui reprennent l’iconographie des films hollywoodiens et des comics des années 1950-60. La plupart sont composés comme des planches de bandes dessinées qui juxtaposent différentes scènes, où figurent des actrices telles que Jennifer Jones, Rita Hayworth ou Lauren Bacall. Celles-ci sont souvent tristes, hagardes ou en pleurs. Les titres de ces oeuvres (That Would Surely Break My Heart, Something I’ve Never Had, What a Fool I am...1967) semblent suggérer que derrière les images stéréotypées du mélo se cachent souffrance et frustration.

 

Le travail de McDermott et McGough, rapidement appréhendé, pourrait faire d’eux des « simulationnistes » dans la lignée de Mike Bidlo, de Sherrie Levine ou de Sturtevant – autant d’artistes délibérément copistes dont les travaux jouent, entre années 1970 et 1990, avec les notions de reproduction, de copyright et de propriété morale de l’œuvre d’art. McDermott et McGough, pour autant, ne mangent pas de ce pain là. Pour eux, l’art est l’équivalent d’une machine à remonter le temps, un défi lancé à la chrono-esthétique.

Ensemble rétrospectif, exposition coproduite par la Fondation EDF Diversiterre