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À TOULOUSE

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Mischa Kuball

Platon’s Mirror
28.09.12 - 21.10.12
Exposition — Espace Croix-Baragnon

Mischa Kuball
Platon’s Mirror, installation multimédia (2011)
ZKM | Museum of Contemporary Art Karlsruhe and ONUK
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Mischa Kuball
Platon’s Mirror, installation multimédia (2011)
ZKM | Museum of Contemporary Art Karlsruhe and ONUK
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Mischa Kuball
Platon’s Mirror, installation multimédia (2011)
ZKM | Museum of Contemporary Art Karlsruhe and ONUK
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Né en 1959. Vit et travaille à Düsseldorf (Allemagne). 

 

Platon’s Mirror, installation multimédia (2011)


Le passé en éclaireur

 

C’est dans les années 1980 que Mischa Kuball a commencé à travailler la lumière, son matériau de prédilection. Il enseigne depuis 2007 l’art de la lumière à l’École d’Art et d’Audiovisuel de Cologne. Le recours à la vidéo, aux projections de diapositives et aux caissons lumineux font de lui un metteur en scène reconnu de la lumière projetée. Ses illuminations en milieu urbain sont emblématiques de son œuvre.

 

Parmi les nombreuses expositions collectives où son travail est présenté : « Détournement », en marge de la 53ème Biennale d‘art de Venise (2009), « Skulpturenweg Natur und Reflexion »,Rosenheim (Allemagne, 2010), « Nuit Blanche », Toronto (2011). Parmi ses expositions monographiques : « Light ShadoComplex », Museum of Contemporary Art, Pori (Finlande, 2008), outre des prestations en 2011 à Brest (France) et à Bochum (Allemagne). Platon’s Mirror, présentée à Toulouse, a fait l’objet d’une exposition itinérante qui a débuté en 2010 au ZKM (Zentrum für Kunst und Medientechnologie) de Karlsruhe.

 

En 1990, Mischa Kuball investit un gratte-ciel de bureaux à Düsseldorf. Pendant six semaines, étages et couloirs restent illuminés la nuit, créant de loin des bandes lumineuses, certaines verticales, d’autres horizontales. Comme l’indique le titre de cette œuvre, Megazeichen, l’artiste crée ici un méga signal. Chaque semaine, d’autres étages sont illuminés, créant une chorégraphie lumineuse rythmée par le passage du temps.

Quatre ans plus tard, l’artiste met de nouveau en scène la lumière en investissant cette fois la synagogue allemande de Stommeln, fermée en 1937 à 1991, devenue un lieu dédié à l’art contemporain. Pendant huit semaines, des lampes d’une extraordinaire puissance illuminent l’intérieur du bâtiment mais aussi ses environs. Transformé en Refraction House (titre donné par l’artiste à cette création), ce lieu hautement symbolique pour l’Histoire allemande incarne le pouvoir émotionnel de la lumière. Mischa Kuball raconte : « J’ai invité les personnes vivant près du site à prendre conscience que la synagogue devenant très visible la nuit, elle risquait d’être la cible d’attaques néo-nazies. Et j’ai été enchanté de voir que les habitants de Stommeln ont créé une sorte de « cordon de solidarité » autour de l’œuvre, qui a été finalement bien plus fort que n’importe quelle agression. »

Avec Passage public/Entrée publique, installation réalisée en 2010 dans le cadre de l'inauguration du Centre Pompidou-Metz, Mischa Kuball choisit d'accompagner le changement urbanistique provoqué par ce grand chantier au moyen d’un balisage lumineux des principaux axes d'accès piétonnier qui mènent au musée. De nombreux signaux de lumière indiquent au visiteur le chemin de la ville historique à la ville nouvelle.

 

L’installation Platon’s Mirror, présentée à Toulouse, fait référence à l’« allégorie de la caverne » de Platon. Elle évoque le danger qu’il y a à se fier à nos seuls sens et invoque la nécessité de faire un effort pour atteindre la connaissance. À l’aide de projections, de feuilles d’aluminium, de photographies et de vidéos, l’artiste recrée un espace analogue à celui de la caverne et permet au spectateur de faire une expérience sensorielle et intellectuelle quasi platonicienne. Avec ce véritable aboutissement logique de sa réflexion sur la lumière, Mischa Kuball réconcilie l’histoire des idées et la sensation immédiate.