EN

À TOULOUSE

Archives

Robert Montgomery

28.09.12 - 21.10.12
Exposition — Espace public

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

Robert Montgomery
Toulouse poems (2012)
Crédit photo : Nicolas Brasseur, Le Printemps de Septembre 2012

 Né en Écosse en 1972. Vit et travaille à Londres.

 

Poésie dans l’espace public, textes affichés dans la Ville (2012).


L’Hommage aux Cathares d’un poète plasticien

 

Robert Montgomery, écossais, poursuit ses études d’art à l’Edinburgh College of Art (BA & MFA). De 1995 à 1997, il réside au Musée des Beaux-Arts de Houston au Texas et son travail se voit inclus dans la collection permanente du musée. De retour à Londres il développe, sur les traces des post-situationnistes, une pratique tout à fait singulière de poète plasticien. Il expose à la Transmission Gallery de Glasgow, à la Talbot Rice Gallery à Edimbourg (2007), à la galerie Nuke à Paris et Analix Forever à Genève, outre dans des lieux multiples en Angleterre. Il travaille aussi avec la lumière. Ses grandes installations de messages lumineux sont ainsi visibles, en circulation sur un camion, à Istanbul, pendant la biennale de 2011; sur un bateau à Venise, également au moment de la Biennale 2011, ou figées sur le toit d’un immeuble à Williamsburg, à New York, ou encore sur l’aéroport de Berlin-Tempelhof.

 

L’une des pièces lumineuses les plus célèbres de Robert Montgomery, THE PEOPLE YOU LOVE BECOME GHOSTS INSIDE OF YOU AND LIKE THIS YOU KEEP THEM ALIVE (dédiée à son ami décédé, désormais son « fantôme », Sean Flynn), irradie dans deux jardins, l’un à Genève (Suisse), et l’autre à Bodrum (Turquie). Cette sculpture lumineuse, comme plusieurs autres pièces de l’artiste, recycle l’énergie solaire pour s’illuminer elle-même. Elle est comme une métaphore de la survie de nos aimés qui sont morts (leur énergie reste), une puissante affirmation vitaliste qui veut que les cycles de vie soient renouvelables et durables. Le regard que Robert Montgomery porte sur le monde nous entraîne à sa suite. Comme il l’écrit de la ville, THE CITY IS WILDER THAN YOU THINK (« La ville est plus sauvage qu’on ne le pense »), mais elle est aussi KINDER THAN YOU THINK – plus « aimable » aussi. « Le futur est plus fragile que nous ne le pensons », dit encore Robert Montgomery, mais ses anges et ses fantômes nous entourent et nous rassurent. Nous sommes alors SAFE AND WARM IN THE FIRE OF EACH OTHER.

 

Le travail de Montgomery est réalisé avec ses propres mots. Il est fréquemment présenté à même l’espace public. Une fois serti dans la rue (sur les murs, sur une corniche, sur un véhicule mobile…), les textes du poète deviennent plus noirs, plus engagés politiquement, plus âpres aussi. Ils cherchent à s’opposer à la consommation, au capitalisme sans âme, au « spectacle », en incitant à résister aux images par les mots.

L’artiste, quoi qu’il travaille à l’occasion pour les médias (dans le magazine Dazed and Confused, par exemple), usurpe l’espace d’affichage pour ses propres œuvres : les Billboards de Montgomery s’infiltrent ainsi dans les cités du monde, de Londres à New York, de Genève à Paris. Quand le critique d’art et curateur Jérôme Sans l’interroge sur le pouvoir qu’ont, selon lui, les mots dans un monde régi par les images, Montgomery répond en citant Guy Debord, et affirme que les images publicitaires auxquelles notre regard se heurte constamment finissent par nous blesser de l’intérieur, générant un profond sentiment de déréalisation, de vide et d’impuissance. Les mots offrent, au minimum, une pause, ils nous renvoient à l’inconscient collectif et à notre propre pensée.

 

La proposition de Robert Montgomery pour Toulouse s’ancre dans l’histoire ancienne de la ville, celle des Cathares qui, abhorrant toute mise à mort, étaient opposés à la peine capitale et s’abstenaient de consommer de la viande. Les Cathares pensaient qu’il existait, dans les humains eux-mêmes, des étincelles de la lumière divine. Selon eux, la lumière, l’esprit, se sont trouvés emprisonnés dans le corps physique et dans le monde et dès lors, le but de la vie humaine sur terre serait de transcender la matière, ou alors de la rédimer, de la spiritualiser, de la transformer. C’est notamment cette position particulière des Cathares, celle de la de négation des biens matériels, fondamentalement « pollués » selon eux, qui conduisit à leur condamnation par les catholiques. Et c’est sur la base de cette histoire ancienne que Montgomery aura créé pour Toulouse une œuvre qui nous parle de paix, en hommage aux Cathares, mais aussi à Raymond VI, Comte de Toulouse, reconnu comme un fervent pacifiste et qui, au grand dam des catholiques d’alors, tolérait les Cathares sur ses terres. La paix a aussi son Histoire.