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À TOULOUSE

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Susan Hiller

Susan Hiller
23.05.14 - 31.08.14
Exposition — les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse

Susan Hiller, Channels, 2013, Multi-channel audio-sculptural installation, 106 television sets with sound Dimensions variable, Les Abattoirs.  Photos Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 © Le Printemps de septembre

Susan Hiller, Channels, 2013, Multi-channel audio-sculptural installation, 106 television sets with sound Dimensions variable, Les Abattoirs.  Photos Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 © Le Printemps de septembre

Susan Hiller, Channels, 2013, Multi-channel audio-sculptural installation, 106 television sets with sound Dimensions variable, Les Abattoirs.  Photos Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 © Le Printemps de septembre

Resounding (Ultraviolet) (2014) Susan Hiller, Les Abattoirs. Courtoisie de l’artiste et Timothy Taylor Gallery, Londres. Photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014  ©Le Printemps de septembre

The Last Silent Movie (2007) Susan Hiller, Les Abattoirs. Courtoisie de l’artiste et Timothy Taylor Gallery, Londres. Photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 ©Le Printemps de septembre

From India to Planet Mars (1997 - 2004) Susan Hiller, Les Abattoirs. Courtoisie de l'artiste et Timothy Taylor Gallery, Londres. Photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 ©Le Printemps de septembre

Depuis une vingtaine d’années, l’œuvre de Susan Hiller a fait l’objet de nombreuses expositions dans les musées européens et américains. En 2011, la Tate lui a notamment consacré une large rétrospective. Pourtant son travail n’a été montré que très rarement en France. Aux Abattoirs, dans les grandes salles du sous-sol, seront présentées quatre installations immersives, liées les unes avec les autres par une trame de voix humaines, des langues disparues du Last Silent Movie aux bruissements de témoignages collectés dans Channels et dans Resoundings (Ultra-Violet), une pièce inédite dévoilée à Toulouse.
 
Marquée à ses débuts par l’art minimal et conceptuel, Susan Hiller a développé ce qu’elle nomme un « paraconceptualisme », substituant à la logique et à la rationalité qui caractérisent ces deux tendances un fort penchant pour les phénomènes inexpliqués : visions d’OVNI (dans Witness, 2000), expériences de mort imminente (dans Channels, 2013), phénomènes paranormaux (dans Psi Girls, 1999). Pour aborder ces zones de grande incertitude, elle emploie des méthodes – enquête de terrain, collecte et catalogage de données ou de témoignages, comparaison et analyse, présentation et exposé –, qui lui viennent de sa formation en anthropologie. Traités ainsi, ces objets d’étude décriés ou négligés gagnent en crédibilité, tandis qu’en retour, ces méthodes perdent de leur neutralité pour s’ouvrir à l’invention : le commissaire d’exposition anglais James Lingwood fait tenir la démarche de l’artiste dans ces deux verbes d’action, « enquêter »et « transformer ». Où transformer est plus que simplement organiser et analyser. En effet, si, dit-elle, Susan Hiller a fait le choix de l’art, c’est pour substituer l’imaginaire aux faits. C’est aussi pour renoncer à la distance qui sied à l’observateur supposé extérieur et détaché, et ainsi être ‹ à l’intérieur de toutes ses activités ›. Car la distance est probablement l’une des questions majeures qui traversent cette œuvre : elle qui s’ancre dans l’expérience quotidienne pour mieux y faire surgir l’inconnu (les langues en voie de disparition de The Last Silent Movie, 2007-2008), l’inaccessible (les ondes radio émises par le Big Bang dans Resounding, (Ultra-Violet), 2014), l’inexpliqué. Elle qui, ce faisant, questionne les limites de l’expérience humaine, dans une mise en abîme qui fait toute son efficacité, le spectateur étant amené à faire l’expérience de ces installations, dans l’intimité de ses sensations et de son esprit. Souvent en effet, dans les œuvres des deux dernières décennies, l’image est absente, qui a cédé la place aux sons et à la parole: ces visions d’OVNI nous sont d’autant plus proches que leur récit oral en appelle au spectateur-auditeur – à sa mémoire, à son imagination – pour prendre corps. Les propos ainsi réunis cheminent d’autant plus profondément en nous et l’archive, patiemment constituée par la collectionneuse qu’est Susan Hiller, tout à coup, s’anime.

Les expositions de Susan Hiller et de Franz Gertsch sont co-programmées et présentées en partenariat avec les Abattoirs – Frac Midi-Pyrénées.