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Thomas Huber

Rote Fries (Frise rouge)
23.05.14 - 10.08.14
Exposition — Espace EDF Bazacle

Exposition de Thomas Huber à l'Espace EDF Bazacle. Photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 ©Le Printemps de septembre

Exposition de Thomas Huber à l'Espace EDF Bazacle. Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 ©Le Printemps de septembre

Exposition de Thomas Huber à l'Espace EDF Bazacle. Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 ©Le Printemps de septembre

Exposition de Thomas Huber à l'Espace EDF Bazacle. Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 ©Le Printemps de septembre

Exposition de Thomas Huber à l'Espace EDF Bazacle. Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014 ©Le Printemps de septembre

Constatant la parenté entre les salles d’exposition de l’Espace EDF Bazacle et les architectures dépeintes dans nombre de ses tableaux, Thomas Huber a choisi d’accuser le trait en y présentant la trentaine d’œuvres peintes entre 2013 et 2014 qui composent la Rote Fries (Frise rouge) : sur les deux faces d’une cimaise construite pour l’occasion et traversant l’espace dans sa diagonale, les peintures sont accrochées au-dessus d’une large bande rouge, la même que l’on peut y voir mise en scène.
 
Quand Thomas Huber quitte l’Académie des Beaux-arts de Düsseldorf en 1983, la peinture connaît un fort regain d’intérêt. Et s’il participe indéniablement à ce mouvement d’ensemble, c’est en prenant l’exact contre-pied de la tendance néo expressionniste qui tend alors à s’imposer. Dès le départ, sa facture est neutre et sa matière maigre ; avec elles, il représente des espaces, le plus souvent des intérieurs, construits suivant les règles de la perspective géométrique et dans lesquels la figure humaine ne fait que de brèves apparitions. Ces architectures dépouillées évoquent le fonctionnalisme d’un Mies van der Rohe et d’un Le Corbusier, jusque dans leur utilisation des murs colorés pour caractériser les espaces. Avec humour, il se présente comme le « majordome » consciencieux de l’image, dont la tâche est sans fin : « tous les jours ranger, nettoyer, aérer ! ». Pour autant, une dimension étrange, voire métaphysique n’en est pas exclue, laquelle les approche des villes dépeuplées d’un Giorgio de Chirico ou des artistes de la Nouvelle Objectivité allemande, tout en rappelant la proximité avec certaines productions surréalistes. Et si de telles sonorités peuvent s’y faire entendre, ce n’est que pour mieux mettre en valeur la dimension foncièrement réflexive de la peinture de Thomas Huber : il y met en œuvre rien moins qu’une pensée sur l’art, depuis sa production jusqu’à son exposition, d’où la récurrence des représentations d’espaces évoquant tant l’atelier que le musée. Du temps de ses études date également une pratique qui signe sa spécificité dans le champ de l’art contemporain : régulièrement depuis le 11 février 1982 (« Discours sur le déluge »), il accompagne la présentation de ses œuvres d’exposés, dont les textes sont publiés, toujours dans des éditions soignées. Ce faisant, il tisse un rapport des plus singuliers entre l’image et le texte, celui-ci n’étant nullement une explication de la première, mais comme une extension et un développement de ce qu’elle contient : « L’orateur aspire à un espace, à un lieu où ses idées exprimées en mots puissent trouver des idées exprimées en images dans le cours du discours. » À propos de Rote Fries, il compare ainsi le cheminement du regard dans le tableau à une traversée en mer – l’élément liquide lui sert souvent de métaphore de la peinture – entraînant le spectateur dans un univers autre qu’il s’agira de percevoir en rapport avec la stabilité des architectures représentées.

L’exposition de Thomas Huber est co-produite par la Fondation EDF et reçoit le soutien de la délégation régionale EDF et de la fondation Pro Helvetia.
 
Remerciements : Galerie Skopia, Genève.