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À TOULOUSE

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Amy O'Neill

26.09.08 - 19.10.08
Exposition — Fondation d'entreprise espace écureuil pour l'art contemporain

Amy O'Neill, Chalet Oldenhorn, 2005

Courtesy Blancpain Art Contemporain, Genève

 Née en 1971 à Beaver, Pennsylvanie, USA.

Vit à New York.

 

Vous avez choisi de montrer les dessins de chalets d'Amy O'Neill...

Christian Bernard : Quand elle est arrivée en Europe (et en Suisse), une des premières choses qu'a faites Amy O'Neill, c'était de dessiner des chalets. Voilà une artiste qui n'a pas peur d'affronter le mythème hyper-kitsch de la Suisse, et qui pose un regard subtil sur les formes aberrantes ou les hypertrophies de la culture populaire. Mais le chalet est aussi pour elle un objet : la force du chalet, c'est son unité, une structure tout en bois, une espèce de sculpture,comme les coucous suisses. Amy O'Neill le saisit comme cela, et dans une esthétique imprégnée d'expressionnisme, qui fait corps avec la montagne. Ce ne sont pas des chalets paisibles, ils apparaissent plutôt comme le théâtre d'une catastrophe, d'un drame. Il y a donc chez elle une double opération du regard : d'un côté elle arrache le chalet à l'iconographie débilitante, elle regarde le vernaculaire comme une sculpture, et d'autre part elle le montre dans toute sa charge fictionnelle.
 

 

Les concours de beauté des miss américaines, les défilés de chars fleuris, les chalets suisses et la botte du Père Noël : Amy O'Neill puise dans la culture vernaculaire, dans le folklore kitsch, forestier ou western de l'Amérique ou de la Suisse, des motifs qu'elle charge d'une force surnaturelle et fantasmatique : « L'objet rustique s'imprègne ainsi d'un style étrangement mythique, comme si Méduse et Persée combattaient d'égal à égal. » 

 

Amy O'Neill présente 45 dessins à la Fondation espace écureuil.