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À TOULOUSE

Avant

Botto & Bruno

26.09.08 - 19.10.08
Exposition — Château d'Eau

Botto & Bruno, Château d'Eau, 2008, ©DR, Le Printemps de septembre - à Toulouse 

Botto & Bruno, Château d'eau, 2008, ©DR, Le Printemps de septembre - à Toulouse 

Nés en 1963 et 1966.

Vivent à Turin.

 

Que vous inspire la formule « Là où je vais, je suis déjà » ?

Quand nous découvrons une ville pour la première fois, nous avons besoin de marcher dans sa périphérie pour comprendre son humeur, son esprit : et nous y trouvons aussi une sensation de familiarité. Nés dans la banlieue de Turin, nous avons trouvé là notre poétique. Car c'est seulement au bord de la cité qu'on trouve la vie réelle, c'est en banlieue que se développent les problématiques de la vie contemporaine.

 

Un mot sur votre projet ou proposition artistique ?

Nous transformons l'espace circulaire intérieur du Château d'eau de manière à créer une surface continue, une image panoramique des banlieues urbaines. Architectures périphériques, ciels nébuleux, terrains vagues, c'est un espace inquiet. La seule présence humaine est celle du spectateur. Il y aura aussi des fanzines réalisés par collage de textes et d'images, et du son, hardcore punk, musique industrielle, et deux nouvelles chansons de notre groupe Botto&Bruno+ TheFamily. Avec la froideur du néon et, au sol, du linoléum gris asphalte pour donner à tout cet environnement une atmosphère plus industrielle.

 

Qu'est-ce que l'art vous permet d'accomplir ?

L'art nous permet de réapprendre à voir, de réfléchir à la réalité, de réagir aux choses que nous n'acceptons pas, de transformer la rage en créativité, de chercher à comprendre les problématiques de la ville contemporaine, d'insinuer des doutes sur le cliché très diffusé que la banlieue est un lieu seulement négatif, sans aucune possibilité de renaissance sociale. Et c'est seulement à travers l'art que nous avons finalement réussi à faire de la musique.
 

 

 

Gianfranco Botto e Roberta Bruno
C'est en faisant un détour critique par la périphérie des villes que ce duo de photographes italiens questionne en retour le coeur déchiré de notre société contemporaine et de ses représentations forcément « douteuses ». Vastes installations ne documentant jamais une banlieue existante mais recomposant une fiction péri-urbaine, leurs montages d'images opèrent « une vraie déconstruction de la photographie à travers ses moyens et ses matériaux ».

 

Botto e Bruno sont présentés à la Fondation Espace Ecureuil et au Château d'eau.