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À TOULOUSE

Avant

Renée Levi

26.09.08 - 19.10.08
Exposition — Galerie Jacques Girard

Rénée Levi, Galerie Jacques Girard, 2008, ©DR, Le Printemps de septembre - à Toulouse

Née en 1960 à Istanbul.

Vit à Bâle.

 

En quoi consiste votre proposition artistique ?

Le charme particulier du white cube de la galerie Girard n'offre pas un espace neutre. Sa texture force les oeuvres à sortir d'elles-mêmes et affûte nos capacités de perception. Répondant à l'invitation de Christian Bernard, j'ai donc élaboré un projet en imaginant de grandes percées peintes structurant l'espace d'exposition. Deux très grands diptyques seront placés face à face, développant en miroir la sensation volumétrique que les spectateurs peuvent avoir des lieux. Le format imposant contraint le geste à révéler le rythme de sa respiration. Les dimensions des châssis m'ont surpris la première. Dans ce cas, comme dans chacune de mes interventions, j'ai choisi un lieu de pêche et, comme tout bon amateur, préparé mon bateau. Mais ce n'est qu'une partie du travail. Nous verrons bien si l'embarcation est adéquate et surtout si vous avez encore envie de manger du poisson cru. 
 

 

Architecte de formation, Renée Lévi oeuvre à une conception élargie et multiforme de la peinture abstraite, qu'elle pratique de manière très concrète en vérité, au croisement de la sculpture, de l'installation et de l'architecture, portant une attention toute particulière aux volumes et aux problèmes d'espace. Car l'essentiel de son travail consiste à modifier la perception de l'environnement dans lequel elle intervient en jouant sur les matériaux choisis, leur couleur et leur inscription dans le site.
 

"Que reste-t-il à la peinture quand elle se prive de l'objet tableau ou de ses substituts et dérivés ? – Le mur, la paroi, le panneau. Autrement dit, le plan premier et dernier de l'habiter. Le tableau en était une synecdoque mobilière. Que reste-t-il à la couleur quand elle se refuse les variations de tons et de teintes, le glacis, l'aplat, la touche ou l'empâtement ? – L'empreinte monadique, telle que Toroni l'a employée comme recouvrement générique, ou la ligne seule, monochrome. Au fil de son ascèse analytique, Renée Lévi s'est donc récemment trouvée au bord du dénuement du seul dessin. Mais au lieu de renoncer au jeu de la couleur, c'est bien à la réinvention d'un geste peintre du dessin qu'elle s'est affrontée – comme s'il s'agissait de recommencer la peinture à partir du dessin."(Christian Bernard, « Les écheveaux d'Ariane » , mars 2001).