Moshekwa Langa

17.09.21 - 17.10.21
Exposition — Chapelle des Cordeliers

© Moshekwa Langa, tous droits réservés.

 

 

Infos pratiques :

13, rue des Lois, 31000 Toulouse

 

Ouverture le vendredi 17 septembre de 18h à 23h

 

Du mercredi au dimanche de 12h à 19h

Noctunes les 17 et 18 septembre jusqu’à 23h

Commissaire : Thierry Leviez.

Les œuvres de Moshekwa Langa peuvent être lues comme les pages d’un journal de bord, comme des annotations relatives aux événements de sa vie. De manière plus ou moins directe, elles évoquent les impressions rémanentes d’un lieu, le souvenir d’une image aperçue dans un magazine ou d’un moment associé à la mélodie d’une chanson. Leur clé de lecture peut s’y trouver directement inscrite, comme, par exemple, lorsque se croisent, sous forme de listes, les noms de personnages historiques, de connaissances ou d’amis, mais cette géographie mentale reste parfois entièrement abstraite avec pour seul indice un titre, toujours lié à un instant fugace dans la vie de l’artiste. L’impressionnisme que pratique Moshekwa Langa trouve son équivalent le plus proche dans l’œuvre de James Joyce, dont il a adopté la méthode et qui, dans le texte comme dans la trame des peintures, entrelace dans un même flux sensations du quotidien et événements historiques. 

  

La plupart des images visibles dans la série de peintures rassemblées à Toulouse provient d’un recueil de collages réalisé récemment en Afrique du sud à partir de coupures de journaux et intitulé Ingwe Mabala-bala (qui signifie « le léopard coloré » en langue Ndebele ou Zulu), soit le titre d’une chanson populaire dont on retrouve la trace aussi bien dans les cultures indigènes que dans les rituels chrétiens. Des publicités pour divers services offerts par des marabouts ou pour l’église évangélique, des objets ou des photos d’archive ont été déchirés, altérés, partiellement effacés et combinés dans une série de compositions en noir et blanc. Agrandis et retravaillés, ces fragments ont fourni la matière d’une série de toiles recouvertes de peinture et de papier de verre. Le motif initial, bien qu’à peine reconnaissable, reste perceptible « comme la tâche de sang de Macbeth ». D’autres marques circulaires apparaissent autour du cadre. Elles ont été laissées par les pots, bombes, bouteilles et boîtes qui les bordaient pour les aplanir. Comme beaucoup d’œuvres de l’artiste, elles ont été travaillées à terre, selon un procédé quasi-cartographique qui trouve son pendant dans la constellation lumineuse que dessine un réseau de lampes de salon posées au sol. Ce dernier élément est un emprunt à la propre biographie de l’artiste qui avait disposé de la même manière un ensemble de lampes au centre d’un étalage de bobines et d’objets divers, une dizaine d’années plus tôt dans un musée américain.

 

Avec le soutien de Belin Promotion

Né en 1975 à Bakenberg (Afrique du Sud), Moshekwa Langa vit et travaille entre Johannesbourg et Amsterdam. En 2021, le Zeitz MOCAA de Cape Town présentera sa première rétrospective. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions monographiques dans des musées tels que le Krannert Art Museum de l’University of Illinois (2013), la Kunsthalle Bern (2011), le Modern Art Oxford (2007), le MAXXI (Rome, 2005), The Renaissance Society (Chicago, 1999), le Museum Boijmans van Beuningen (Rotterdam, 1998), entre autres. Depuis la fin des années 1990, il participe à de nombreuses biennales et expositions internationales dont celles de Dakar (2018), Berlin (2018), Lyon (2011), São Paulo (2010 et 1998), Venise (2009 et 2003), Gwangju (2000), Johannesbourg (1997), Istanbul (1997), ou encore la Havane (1997).