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Sarkis

17.09.21 - 17.10.21
Installation lumineuse — Couvent des Jacobins

Sarkis, mesure de la lumière, couvent des jacobins, 2018 © le Printemps de septembre ; photo : Damien Aspe.

Né en 1938 à Istanbul (Turquie), il vit et travaille à Paris.

 

Pour l’édition 2018 du Printemps de septembre, Sarkis réalise dans l’église des Jacobins une installation lumineuse et sonore aujourd’hui acquise par la Ville de Toulouse. Entre les piliers de l’imposante colonnade à la verticalité vertigineuse, il suspend sept tubes fluorescents en cristal déroulant les couleurs de l’arc-en-ciel. Dans le chœur, un faisceau rassemble ces sept tubes et s’allume et s’éteint au rythme d’une respiration apaisée. Ainsi Sarkis déroule-t-il tout au long de ce plan de séparation le cortège des couleurs qui disent la lumière, entendue sous toutes ses métaphores : vie, joie, diversité, conciliation, ascension, etc. Ce plan retrouvé de l’élévation morale et spirituelle s’y emblématise tandis qu’une bande sonore, réalisée avec le musicien Jacopo Baboni Schilingi, diffuse doucement à nos pieds, dans le chœur, les bruits du dehors, bruits ordinaires de la vie commune, bruits des épisodes météorologiques, bruits du temps qui passe, toute une rumeur du monde extérieur qui glisse sa redondance ou sa discrépance entre les visiteurs et les bruits « en temps réel », entre le monde matériel et le monde spirituel. Quelle taille donner aux tubes lumineux qui rythment la nef ? Sarkis a choisi un multiple de l’unité de mesure en usage pour la construction de l’église, la « canne de Toulouse », soit un peu moins d’un mètre quatre-vingt. Mesure de la lumière, c’est le titre de cette œuvre, c’est aussi ce qu’elle fait, mesurer le lieu et la lumière. D’où les cordes à nœuds qui pendent le long des tubes et en mesurent la taille. On voit que Sarkis habite ce monument d’exception avec l’humilité du respect qu’il lui inspire et l’empathie qu’il éveille en lui. Le passé ne passe pas, quand les artistes le ramènent au présent.

 

Sarkis étudie le français, la peinture et l’architecture intérieure à l’Académie des Beaux-Arts d’Istanbul. En 1967, il remporte le prix de peinture de la Biennale de Paris. Il est exposé dans de grands musées internationaux tels que le Centre Pompidou, Paris ou encore le MAMCO, Genève, où une grande rétrospective intitulée « Hôtel Sarkis » lui a été consacrée en 2011. Il participe également à de nombreuses expositions internationales telles que la documenta de Kassel, les biennales de Sydney, de Moscou, ou encore d’Istanbul.

Mécène principal Groupe Pierre Fabre avec le soutien des Amis du Printemps de septembre.

Installation lumineuse
Couvent des Jacobins
Sarkis
17.09.2021